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Bibliothèques : le film

Nouveauté : un film documentaire sur les bibliothèques publiques : Chut…!, d’Alain Guillon, Philippe Worms. Boh! Qu’est-ce qu’il y a a filmer en bibliothèque ? Des livres? Des gens qui lisent ? Passionnant tiens! Hé bien détrompez-vous, les bibliothèques sont des lieux bouillonnants de vie… D’indispensables ilots d’espoir où l’on se rencontre, on partage, on se cultive, on s’élève, on rêve et on brise les barrières entre les les classes et les castes … Non, il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup d’argent et une grande éducation pour accéder à la culture et au monde des livres.

CHUT…! Sortie 26 février 2020 from aaa production on Vimeo.

Le pitch : « Montreuil, Seine-Saint-Denis. Dans une société où tout est marchand, où le temps est compté, il existe un lieu de gratuité et de rencontre où l’on combat les inégalités et la violence sociale, la bibliothèque de mon quartier. Sans bruit, joyeusement, il se fabrique ici quelque chose d’important, d’invisible au regard pressé ou comptable : l’élaboration d’un nouveau contrat social. »

Le 26 février dans les salles en France (mais espérons aussi bientôt en Belgique.

Popplet en bibliothèque

Le 3e type de projet abordé dans notre livre « Pratiques d’alphabétisation en bibliothèque » est celui où la bibliothécaire s’investit plus dans le projet d’alpha, les animations proposées résultant d’un travail de préparation en commun. Un petit aperçu de se travail commun vous a déjà été proposé sur ce blog, mais il se peut (on s’espère!) que votre curiosité ne soit pas encore assouvie. Concrètement, ça donne quoi, ces projets? Hé bien, ceci par exemple (cliquez sur l’image pour lire la brochure) :

biblio t es qui toi

En 2013-2014, Françoise, bibliothécaire à Saint-Gilles, a proposé à France, formatrice,  l’utilisation d’un logiciel disponible sur internet: popplet. C’est une sorte de tableau noir électronique qui permet de créer une carte mentale simple avec du texte, des images, des films… Cet outil en ligne offre l’avantage de créer des présentations multimédias de manière très simple.

Les apprenants ont créé des fiches des livres lus et de l‘émission Quai des Belges. Ils ont illustré la géographie du groupe par des photos, des illustrations sélectionnées sur Google image, et des musiques sélectionnées sur Youtube. Les séances ont eu beaucoup de succès, car les apprenants sont très demandeurs de pouvoir maitriser l’outil informatique.

Voici un exemple de fiche-livre :

popplet fiche livre

Les cartes mentales permettent particulièrement bien de travailler l’organisation structurée des données, un des objectifs des cours d’alpha (identifier des éléments clé pour réaliser une présentation).

9782364741232

Le groupe a travaillé sur le thème de l’identité, à partir du livre « Je suis… », créant ensuite des « fleurs de personnalité », à l’aide de popplet mais aussi sur papier, ainsi qu’un autoportrait littéraire. Ils ont également visité une expo (Duane Hanson) et réalisé des popplet suite à celle-ci sur le thème « ce que j’aimerais changer dans la société… », participé à une émission TV (Quai des belges), fait une présentation publique de leur travail… A partir d’un thème, l’identité, de multiples ramifications sont possibles!

Une fleur d’identité, sur papier et à l’aide de poplet, et autoportrait littéraire :

Popplet réalisé suite à la visite de l’expo :

popplet expo Duane Hanson

Et si vous voulez en savoir plus sur ce projet, écoutez France et Françoise, formatrice et bibliothécaire, lors d’une présentation de celui-ci lors du colloque « des écrits aux écrans » organisé par la Maison du Livre :

De l’obligation administrative à la relation émotionnelle

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Telle est la réponse des apprenantes d’un cours d’alphabétisation lorsqu’on leur demande quels sont les mots de la langue française qui les ont marquées. Des mots qui laissent transparaître la réalité administrative, lourde et froide, qui fût leur premier rapport avec notre société de l’écrit, pour elles qui n’ont pas été scolarisées. Puis il y eut les cours au Collectif Alpha, où la réussite se traduit par l’émancipation et non par les bonnes notes, où lecture rime avec émotions et non obligations… Il y eut un atelier bibliothèque dans lequel les procédures administratives laissent la place au partage et à l’échange, autour des livres et entourés de livres. Il y eut une relation dans la durée, basée sur la confiance.

Voici donc une 3e mise en bouche qui présente le 3e projet de notre publication à paraître prochainement, Pratiques d’alphabétisation en bibliothèque : la collaboration entre une formatrice du Collectif Alpha, France Fontaine, et d’une bibliothécaire de Saint-Gilles, Françoise Deppe, pour faire plonger le groupe d’apprenantes et d’apprenants dans la lecture au-delà de l’acte technique, à la rencontre des émotions.

Les 15 premières minutes de cette émission spéciale de « Quai des Belges » à l’occasion de la langue française en fête 2014 vous emmènent à la découverte d’une séance d’un atelier bibliothèque, suivie d’un entretien où France et Françoise expliquent à Hadja Lahbib les particularité de cet atelier destiné à des adultes pas ou peu scolarisés.

Interview dont on retrouve des extraits dans la publication Pratiques d’alphabétisation en bibliothèque :

France (formatrice) :  à travers la lecture, on fait des rencontres d’abord avec soi-même et aussi avec les autres [du groupe] ; pour que ça se passe avec les autres, il y a bien un climat de confiance qui doit s’instaurer, car les parcours sont différents, les histoires différentes et pas toujours simples. C’est quelque chose qui se construit ensemble et dans la durée.

Françoise (bibliothécaire) : On identifie très bien tous ensemble ce pourquoi on est là. Nous passons beaucoup de temps France et moi à rappeler cela : le cadre, et aussi les objectifs. Nous avons des objectifs et les personnes qui participent à cet atelier à la bibliothèque ont aussi des objectifs. Et en parler (…) c’est une façon de parler de soi mais de parler de soi en action. Et à partir de là, ben oui il y a de la psychologie…il y a surtout de l’écoute, énormément d’écoute, entre nous, dans le groupe… Et cette écoute fait que, oui, à un moment donné, je peux me tromper. Simplement parce qu’on est tous dans le même voyage… (…) le problème c’est la réappropriation de sa propre image, c’est voir un petit peu qu’est-ce qui se passe, est-ce que c’est moi ? Comment je me resitue ? Comment je revisite mon histoire ? Qu’est-ce qui s’y est passé ?

Et l’histoire des outils, et notamment du livre, permet cette espèce de distanciation. Quand on ne le présente pas comme un objet de lecture obligatoire, ou objet de compréhension en soi. C’est : « tiens, qu’est-ce que ça peut me raconter ? Qu’est-ce que ça raconte sur les autres ? Comment je peux m’en servir ? Qu’est-ce qui me plait ou me déplait ? »

Tout d’un coup, il y a une relation vivante aux bouquins, liée aux émotions. Comme on en a en tant que lecteur lettré !

Généralement, sauf pour des besoins purement utilitaires, la relation avec les livres qu’on aime ou qu’on n’aime pas est très forte. Elle est liée aux émotions. Et le fait d’être liée aux émotions, ça nous rend tous un peu pareils par rapport aux livres. Et ça c’est intéressant. Ça, c’est ce sur quoi on travaille dans l’atelier.

 

Les débuts du projet parents-enfants

Dans l’ouvrage Pratiques d’alphabétisation en bibliothèque on parle ainsi de l’origine d’un des trois projets présentés : les ateliers parents-enfants.

video parents enfants

« En 2009, Annick Perremans, formatrice, fait le constat que dans son groupe, plusieurs parents expriment des choses difficiles sur le regard parfois négatif que leurs enfants portent sur eux : « toi tu ne sais même pas lire, tu n’as rien à me dire ». Cela survient parfois assez tôt, à partir du moment où l’enfant se rend compte que le parent « ne suit pas ».

Elle met donc en place des séances avec ses apprenants et leurs enfants, à la bibliothèque de Koekelberg déjà, avec à l’époque la définition de plusieurs objectifs en réponse à cette problématique.

Il s’agit ainsi pour elle de « mettre les parents dans une position de pouvoir vis-à-vis de leurs enfants, alors que par rapport à l’écrit en français, ce sont les enfants qui sont habituellement en situation de pouvoir vis-à-vis de leurs parents » et aussi de « créer une situation affective positive de reconnaissance mutuelle, et ce autour du livre », tout cela en amenant le parent à être la personne qui « entre » le livre à la maison et qui y devient un vecteur de l’utilisation du français.

Bien sûr, elle y voit déjà aussi une situation concrète intéressante de transfert de compétences en dehors du lieu d’apprentissage. »

Retrouvez sur le site du Collectif Alpha et sur celui de Bibliothèques publiques et alphabétisation, une description plus complète des matinées découverte avec les enfants, ainsi que cette vidéo :