Sélections « Facile à lire »

indexC’est l’été, les vacances mais vous n’arrivez pas à lâcher prise et vous voulez préparer les animations autour de la lecture l’année prochaine ? Profitez-en pour lézarder sur la plage ou dans un parc tout en faisant le plein de lectures faciles à lire, spécialement sélectionnées pour vous par BiblioPass, un projet fondé par une bibliothécaire française  pour rendre les bibliothèques accessibles, offrant des services divers : conseiller, former, transmettre des compétences et des savoir-faire, rester en veille sur les évolutions croissantes, proposer idées et mises en oeuvre et s’adapter à toutes les demandes.

« Facile à lire » est un des services proposé, présenté sur un blog à part :

fal-vertical-rouge-2018_04_11-08_28_58-utc« Facile à lire… un outil pour faire bouger les lignes…Oui, la lecture n’est pas une pratique anodine ni facile. Mais oui, la lecture est essentielle pour l’estime de soi, le partage avec les autres, l’enrichissement du vocabulaire. Et oui, nous, les médiateurs, bibliothécaires, animateurs, formateurs, nous pouvons changer la vie de chaque citoyen, citoyenne, qui pense que le livre n’est pas pour lui, pour elle…que la bibliothèque n’est pas un lieu pour lui, pour elle…

L’accès au livre, c’est l’accès à la citoyenneté… »

Il existe déjà trois livrets reprenant des suggestions de lecture, avec une petite fiche très explicite et complète à chaque fois : les 2 premiers sont téléchargeables sur le blog et le 3e via le site de Bibliopass. Un exemple de fiche :

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Cette sélection comprend d’ailleurs de nombreux romans de la collection La Traversée, aux Éditions Weyrich. À l’initiative de Lire et Écrire Luxembourg en 2012, des écrivains belges ont accepté d’écrire des romans pour tous, avec une attention particulière pour les adultes débutant en lecture, et en se soumettant à la relecture de ceux-ci. Cette collection permet notamment aux lecteurs faibles de prendre du plaisir à lire autrement qu’à travers des ouvrages pour enfants ou des romans ado. Retrouvez tous les titres et leurs résumés sur le site dédié à ce projet novateur. 

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Bel été et bonnes lectures!

(Et n’oubliez pas, vous aussi vous pouvez nous faire des retours de vos lectures faciles afin que nous en fassions profiter d’autres sur ce blog. Contactez-nous)

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Accompagner des lecteurs

Lundi 20 mai de 10h à 12h aura lieu, à la bibliothèque communale de Saint-Josse, la 3e présentation de notre publication « Pratiques d’alphabétisation en bibliothèque ».

logo ages et transmissionCet événement est mené en partenariat entre le Collectif Alpha, la bibliothèque publique de Saint-Josse, CTL La Barricade et Âges & Transmissions. C’est l’occasion d’en dire un peu plus un troisième type de partenaires des projets d’alphabétisation en bibliothèque : les bénévoles, ou plutôt, les « accompagnants », comme les nomme Sylvie Lerot, responsable du projet pour l’asbl Âges & Transmissions.

Cette association développe des projets pour et avec les seniors en vue de créer des ponts entre générations et cultures. Et c’est bien ce qu’on retrouve au cœur du projet Lire à deux, initié en 2012 dans la bibliothèque communale de Saint-Gilles par Kristine Moutteau, formatrice au Collectif Alpha. De plus, ce projet autour du livre avec des adultes faisait écho à un autre projet mené depuis de nombreuses années par les seniors : « Coup de pouce lecture et langage« .  Celui-ci se déroule dans les écoles primaires avec des enfants qui présentent des lacunes en français. Cependant, les bénévoles regrettent parfois de ne pas avoir de contacts avec les parents. S’adresser cette fois à un public adulte peu scolarisé et généralement allophone permettait donc de boucler la boucle.

Un projet qui fait des petits

La sauce a pris puisque Lire a deux se déroule maintenant dans pas moins de cinq lieux différents. Sylvie a d’abord collaboré avec Kristine, mais également avec ses collègues du Collectif Alpha de Molenbeek, qui ont reproduit l’expérience à la bibliothèque communale de Koekelberg à partir de 2015. Ensuite, d’autres opportunités se sont présentées, sans être liées au Collectif Alpha : en 2016 à la bibliothèque St Henri avec Alpha Andromède (CASG Wolu Services), 2017 à la bibliothèque communale de Saint-Josse, avec CTL La Barricade, et en 2018, c’est Le Maître Mot qui s’est lancée dans l’aventure à Ixelles, avec un public FLE (Français Langue Étrangère) cette fois, donc des adultes scolarisés mais dans une autre langue que le français. Un beau développement pour ce projet qui, espérons-le, est loin d’être terminé…

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Un cadre simple, rassurant et ouvert

Il est assez facile de trouver des bénévoles. Sylvie identifie plusieurs facteurs à cet engouement : un cadre bien défini et le fait de faire partie d’une équipe, qui rassurent, le partenariat avec la bibliothèque et le centre de formation qui permettent de fournir des albums adaptés, et bien sûr, la sentiment de se sentir utile.

Le cadre est simple, mais aussi ouvert : en fonction des évaluations, des échanges lors des rencontres entres projets, on réajuste le timing, on teste des activités d’amorce, on renforce ce qui a bien fonctionné… Le rôle de Sylvie en tant que responsable des bénévoles dans le projet est important pour lancer la dynamique, partager l’expérience acquise, mettre les différents acteurs en lien, constituer l’équipe d’accompagnants, mais la deuxième année, elle se retire sur la pointe des pieds pour laisser une plus grande autonomie à ceux qui sont sur le terrain. Elle veille cependant à maintenir le réseau d’accompagnants et de professionnels en organisant des rencontres entre projets, qui permettent de compiler des bonnes pratiques (recueil disponible à la demande chez Âges & Transmission)

Ainsi, concernant l’organisation des binômes lecteur – accompagnant, certains ont remarqué que garder plusieurs fois le même binôme permet d’avoir le temps de s’habituer l’un à l’autre, mais qu’une rotation est intéressante aussi, pour pouvoir expérimenter d’autres styles : ils tablent donc sur une série de 3 séances avec la même personne pour ensuite changer… sauf imprévus! Car les aléas de la vie font que parfois, il y a plus d’accompagnants que de lecteurs : c’est pourquoi Sylvie privilégie des personnes qui vivent à proximité de la bibliothèque, d’une part pour ne pas devoir perdre du temps en longs trajets en cas de désistement, mais aussi pour favoriser les liens en dehors du projet.

De l’aide au lien

carré lire a 2Bien qu’il soit possible d’innover en fonction du contexte, des besoins et des envies, certaines choses constituent la colonne vertébrale du projet, et il est important que tous les participants en soient bien conscients. Ce qui prime dans ce projet, c’est la relation humaine et le plaisir partagé : le livre est un prétexte à cela. L’objectif est justement de pratiquer la lecture en dehors d’un cadre d’apprentissage formel, donc pas question de se mettre dans une position de maître et d’apprenant. C’est pour cela d’ailleurs qu’ils ont décidé de changer la dénomination de « volontaires » et « apprenants » en « accompagnants » et « lecteurs », les lecteurs étant les apprenants : ce sont eux les acteurs principaux, ce sont eux qui lisent et eux qui choisissent les livres!  Ce positionnement est très important pour sortir d’une relation d’aide paternaliste et aboutir à une relation entre humains, tout simplement…

Au début ils viennent avec la question : « Comment on peut les aider à mieux lire ? » A la fin de l’année, ce qui ressort c’est « le plaisir de se retrouver de fois en fois ».

Il arrive que certaines personnes n’arrivent pas à se mettre dans cet état d’esprit, et continuent à vouloir faire répéter des phrases pour en arriver à une prononciation parfaite, ou à censurer le choix des livres qu’ils estiment trop compliqués. En ce cas il faut envisager la fin de la collaboration (en se concertant entre associations partenaires, qui constituent alors un soutien bienvenu). Mais heureusement, c’est très rare!

Les volontaires arrivent souvent remplis de motivations, d’envie d’aider, mais aussi d’appréhensions : « Est-ce que je serai à la hauteur?« , « Est-ce que je fais bien comme il faut?« , « Qu’est-ce qu’ils vous ont dit les apprenants? Ils sont contents ?« … Apprenants, on l’est tous dans ce projet. Et volontaires aussi. Et ainsi, on progresse… En fin d’année, c’est gagné : le plaisir a pris le pas sur la crainte, et on a envie de recommencer!

 

 

 

Jalons des pratiques d’alpha en biblio

Ce jeudi 25 avril a eu lieu notre première présentation publique de la publication « Pratiques d’alphabétisation en bibliothèque », à Saint-Gilles… et la bibliothèque, la Maison du Livre et le Collectif Alpha avaient mis le paquet ! Le matin, 3 ateliers différents (atelier biblio, lire à deux, lecture à haute voix) permettaient de se mettre dans le bain, en expérimentant des animations puis en échangeant avec les apprenants du Collectif. Seul bémol : on était obligé de choisir. L’après-midi par contre, chacun a pu faire le tour des 3 espaces proposés, où les acteurs des trois projets (parents-enfant, lire à deux, atelier biblio) faisaient part de leur expérience de terrain. L’assemblée, d’une soixantaine de personnes le matin (avec des groupes d’apprenants) et d’une trentaine de personne l’après-midi, était mixte. Certaines bibliothécaires se sont même déplacées de Nivelles et Namur pour découvrir ce projet ! Cela augure de belles perspectives de collaborations …

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Prochaine journée de présentation :
lundi 20/05 de 10h à 12h30 à la bibliothèque de Saint-Josse

Impressions glanées au fil des ateliers

Mélanie Ferrier, coordinatrice des ateliers et des stages à la Maison du Livre, était la petite abeille butineuse durant cette journée, se baladant d’un groupe à l’autre, glanant des impressions,  récoltant des témoignages sur le vif… Plutôt que de faire un compte rendu exhaustif, elle nous a livré en fin de journée les éléments les plus marquants de ces projets, selon elle, en mode carnet de voyage.

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Le contexte

Pour que de tels projets puissent voir le jour, il faut un contexte propice à la co-construction et à l’expérimentation en binôme bibliothèque – association d’alphabétisation. Le plan de développement de la lecture en bibliothèque est un élément institutionnel qui favorise cela, sans oublier la motivation des travailleurs à se lancer dans cette belle aventure.

L’ouverture et la confiance

Les bibliothécaires s’embarquent en effet dans un bel engagement : un travail d’ouverture pour donner sa place à l’autre. Les apprenants vivent souvent des situations assez difficiles. Arriver dans un lieu inconnu, avec toutes leurs représentations et leurs appréhensions, et s’y sentir accueils, en sécurité, sans avoir à se justifier ou à prouver leur droit à être là, c’est fondamental. C’est une grande responsabilité pour les bibliothécaires ! Heureusement ils échangent à ce sujet avec  les formateurs qui leur permettent de mieux connaître ce public qui ne côtoie pas les livres. En effet, si pour les groupes d’alpha la bibliothèque est un lieu « étrange » que ces projets contribuent à démystifier, pour les bibliothécaires ces groupes représentent un fameux défi : comment se mettre dans leur tête pour être à leur service ?

Comment imaginer le rapport à la lecture d’une personne qui ne sait pas lire ?

Le choix des livres, médiateurs de l’apprentissage

Choisir les livres qu’ils vont proposer à ce public n’est donc pas évident, au premier abord, mais c’est en faisant des erreurs et en étant attentif aux personnes qu’ils peuvent réajuster et améliorer leurs critères. Comme ce sont des adultes, il faut des thématiques adaptées, mais la présentation doit être accessible : même des textes qui nous paraissent simples peuvent être difficiles à déchiffrer. De même, les notions de titre, d’auteur, de quatrième de couverture sont des évidences pour nous, lecteurs, mais ce sont néanmoins des codes qui nécessitent un apprentissage pour les acquérir.

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Rapport à la lecture, rapport à la langue : le plaisir est la clé

Outre le livre et son monde, c’est aussi la langue française qui est à découvrir pour les groupes. Un des ateliers, langues amies – langues ennemies, proposait une réflexion sur le rapport à une nouvelle langue. Si certaines nous sonnent bien dans l’oreille, d’autres par contre ne bénéficient pas d’un contexte favorable quand il y a un doigt, un « il faut », une obligation à apprendre la langue.  Or le contexte affectif a une énorme importance dans l’apprentissage. Pour amener les participants à apprendre dans le plaisir, un environnement où règnent l’empathie et la bienveillance sont nécessaires.

Le contexte affectif a une énorme importance dans l’apprentissage.

L’apprentissage d’une langue mobilise tous les sens

Apprendre une langue mobilise tous les sens : c’est important de le rappeler car ce n’est pas nécessairement évident. Il y a le rapport à la matière, au livre comme objet qu’on touche, qu’on choisit, par rapport auquel on se positionne. Le rapport au corps aussi. Pour des personnes qui n’ont pas été à l’école, rester assis sans bouger demande une bonne qualité de présence, qui n’est pas évidente. D’où l’importance, pour se mettre dans de bonnes conditions d’apprentissage, d’un échauffement en début d’atelier, une période d’accueil avec des petits  jeux. Se lancer une balle en disant son nom par exemple, permet de réveiller le corps, de se connaître, de développer l’écoute et la vue, et que chacun prenne sa place. De même, lors de la restitution du travail autour du livre, passer par des ateliers créatifs comme le chant et la danse permet un partage vivant et positif, qui crée du lien avec les formateurs hors du contexte « sérieux » de la classe.

Partage et auto-estime

Les ateliers créatifs donnent aussi l’occasion aux apprenants de partager leur culture, et d’ainsi apprendre une nouvelle langue en allant puiser dans ce qu’ils possèdent déjà, ce qui est très valorisant pour eux. Dans l’atelier « Histoires et poèmes », l’album jeunesse est réapproprié pour raconter leur propre histoire,  illustrée.  A partir du travail graphique d’illustration, se développe la mise en route de l’écriture, la mise en forme de la pensée et des lettres. Et au final, les personnes éprouvent une grande fierté à présenter des travaux aboutis. Tout cela contribue à développer l’auto-estime, l’émancipation et l’autonomie.

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Structurer, transférer …

En travaillant le rapport au livre, on exerce des compétences qui sont utiles également dans la vie quotidienne (pour s’orienter en ville par exemple) : observation, déduction, recherche… Autant d’éléments qu’ils pourront mettre dans leur boîte à outils. Dans l’activité « Le titre caché » les apprenants, tels des enquêteurs, doivent trouver des indices dans l’ensemble du livre pour identifier le bon titre, en travaillant la lecture d’image et pas seulement du texte. C’est important qu’ils soient réellement acteurs et qu’on les amène à exprimer leurs pensées personnelles par le biais de questions ouvertes, de discussions, en donnant sa place à chacun.

Plus on peut avoir confiance dans un processus bien acquis, plus on devient autonome.

Dans un nouvel apprentissage on peut vite être dépassé. Le formateur met en valeur le temps long, la patience et l’organisation étape par étape. Une structure claire aide à créer des repères qui permettent de dépasser la peur de l’inconnu, favoriser le transfert des apprentissages de manière autonome, qui va les ancrer de manière durable.

Apprenants passeurs de savoir

Autre atelier : « Lecture à voix haute », où les apprenants enregistrent une histoire afin que cela serve à d’autres groupes.  Cela leur permet d’affirmer « Moi je sais faire ça », et ouvrir des perspectives aux autres qui peuvent alors se dire à leur tour« Moi aussi je pourrais faire cela ! ».

Le fait de se dire « Moi aussi je peux faire ça » c’est une façon de trouver une légitimité une place dans la société.

En témoigne Alphonsine, que Mélanie a eu l’occasion d’interviewer : « Quand j’ai vu les autres faire des livres, je me suis dit « Moi j’ai plein d’histoires de vie à partager, j’ai vécu plein de choses et je me dis que moi aussi je peux faire des livres ! ». C’est  avec cela qu’elle est repartie de cette journée… et ce n’est surement pas la seule… Voilà vers quoi emmène le travail autour du livre comme médiateur.

 

 

Quels livres pour des apprenants adultes en alpha ?

Piqûre de rappel : la première présentation publique de notre publication « Pratiques d’alphabétisation en bibliothèque » c’est demain jeudi 25 avril, à la bibliothèque communale de Saint-Gilles. Plus d’infos pratiques dans notre précédent article. Et si vous ratez cette occasion, rendez-vous mardi prochain, le 30 avril à la bibliothèque de Koekelberg, ou le lundi 20 mai à celle de Saint-Josse.

Enthousiasmé par les projets présentés sur ce blog et dans notre ouvrage, vous voulez vous lancer, mais … Qu’est-ce qu’ils lisent, ces adultes qui n’ont pas encore une grande fluidité de lecture ? Vous trouverez des pistes utiles dans le dernier chapitre de notre publication, mais aussi dans cet extrait du « recueil de bonnes pratiques Lire à 2 » réalisé par l’asbl Âges & Transmission suite à une rencontre entre les acteurs des différents projets « Lire à deux » (recueil disponible à la demande) :

« Quels albums jeunesse ?

L’idéal est de mettre à disposition une bonne trentaine de livres (au moins pour avoir une diversité et la réelle possibilité de choisir !). La sélection peut s’enrichir au fil de l’année, sur base des suggestions et remarques de chacun. Certains livres peuvent être aussi retirés en cours de route.

Les critères d’appréciation des livres énoncés par les lecteurs

Voici ce que les lecteurs (les apprenants des cours d’alphabétisation, donc) énoncent comme critères d’appréciation des livres. Ils concernent quasi tous le contenu anecdotique du livre, l’histoire :

  • en toute 1ère position : les résonances avec l’histoire personnelle, les souvenirs et sentiments suscités.
  • souvent en lien avec le cadre de l’histoire : le pays ou continent d’origine
  • et avec les thèmes du récit : les relations familiales, principalement intergénérationnelles, les « Anciens », l’immigration, l’exil et la guerre, la vie dans le passé…
  • les rapports à la « vraie vie », la morale de l’histoire, les valeurs véhiculées, les leçons de vie
  • le caractère véridique des personnages et de leur histoire
  • le dépaysement : la découverte d’un autre milieu, entres autres de la Belgique
  • beaucoup plus rarement : l’humour et la drôlerie des situations, la beauté des illustrations et de la mise en page, la structure du livre, le fait d’avoir appris des mots.

Notons que les lecteurs éprouvent beaucoup de difficultés à expliciter réellement leurs choix de manière précise : ils ont tendance à donner simplement l’intrigue du livre.

Liste de livres « coups de cœur »
issus des différents groupes « Lire à 2 » 

Quelques remarques et suggestions

  • Il n’y a jamais de recette magique : un livre ayant bien fonctionné avec un lecteur peut « faire flop » avec un autre. Par ailleurs, on est parfois étonné de constater qu’un livre « complexe » a été choisi comme coup de cœur. C’est la conséquence de la lecture à 2 qui permet de lever bien des obstacles et d’accéder au plaisir !
  • Certains livres font référence à nos codes culturels (cow-boys, cochon et loup,…). Il faut en avoir conscience et en donner les clés de compréhension.
  • Pour sélectionner les albums jeunesse : il faut être attentif à la quantité de texte et à la complexité du langage. On peut choisir d’écarter ceux qui ont un nombre trop important de mots difficiles, qui sont au passé simple, qui ont des tournures de phrases trop compliquées ou un langage trop métaphorique ou poétique. Un autre critère de sélection peut être le mode d’écriture (imprimée plutôt que scripte) et l’aide que les illustrations peuvent apporter dans la lecture. Les livres peuvent également être choisis pour leur qualité artistique, une belle façon d’ouvrir à l’art.
  • Une idée : proposer lors d’une séance, que les accompagnants qui le souhaitent apportent de chez eux un album jeunesse accessible qu’ils ont envie de partager avec un lecteur.
  • Avoir un carnet de liaison disponible lors de chaque rencontre : chaque accompagnant pourrait y noter, concernant les livres ou d’autres choses, ses remarques, appréciations, suggestions, … »

 

… Et vous ? Avez-vous aussi des constats, des propositions de lecture, des suggestions de fonctionnement à partager sr ce blog ? Contactez-nous pour que nous puissions vous publier.

Bibliothèques et Alpha, toute une histoire!

Les pratiques d’alphabétisation en bibliothèque, ce n’est pas nouveau. Nous vous avons concocté une sélection bibliographique qui met en lumière différents documents sur le sujet :

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Cliquez sur l’image pour découvrir cette bibliographie

En 2009, parait un décret relatif aux pratiques de lecture, organisé par le réseau public de la lecture et les bibliothèques publiques. (Moniteur belge du 5/11/2009). Ce décret initie notamment une action d’ouverture des bibliothèques  à un public éloigné de la lecture… dont celui des personnes analphabètes.

Pour sa part, le réseau alpha a toujours privilégié l’importance de la lecture en contexte (fictions et documentaires), les ateliers de lecture, les outils pédagogiques centrés sur la découverte d’un livre, les visites en bibliothèques…

En fait, depuis les années ’80, on constate, on en parle, on agit des deux côtés, comme en témoignent les nombreux articles proposés ci-dessous.

Une volonté commune de collaboration est née, avec comme points culminants :

  • la création du site « Bibliothèque et alphabétisation des outils pour développer les partenariats » alphabibliotheque.be
  • la publication du Collectif Alpha 2019 « Pratiques d’alphabétisation en bibliothèque » accompagnée de la création d’un blog https://alphaenbiblio.wordpress.com

Cette sélection propose une tentative d’historique, des propositions d’activités et quelques études et recherches

Popplet en bibliothèque

Le 3e type de projet abordé dans notre livre « Pratiques d’alphabétisation en bibliothèque » est celui où la bibliothécaire s’investit plus dans le projet d’alpha, les animations proposées résultant d’un travail de préparation en commun. Un petit aperçu de se travail commun vous a déjà été proposé sur ce blog, mais il se peut (on s’espère!) que votre curiosité ne soit pas encore assouvie. Concrètement, ça donne quoi, ces projets? Hé bien, ceci par exemple (cliquez sur l’image pour lire la brochure) :

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En 2013-2014, Françoise, bibliothécaire à Saint-Gilles, a proposé à France, formatrice,  l’utilisation d’un logiciel disponible sur internet: popplet. C’est une sorte de tableau noir électronique qui permet de créer une carte mentale simple avec du texte, des images, des films… Cet outil en ligne offre l’avantage de créer des présentations multimédias de manière très simple.

Les apprenants ont créé des fiches des livres lus et de l‘émission Quai des Belges. Ils ont illustré la géographie du groupe par des photos, des illustrations sélectionnées sur Google image, et des musiques sélectionnées sur Youtube. Les séances ont eu beaucoup de succès, car les apprenants sont très demandeurs de pouvoir maitriser l’outil informatique.

Voici un exemple de fiche-livre :

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Les cartes mentales permettent particulièrement bien de travailler l’organisation structurée des données, un des objectifs des cours d’alpha (identifier des éléments clé pour réaliser une présentation).

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Le groupe a travaillé sur le thème de l’identité, à partir du livre « Je suis… », créant ensuite des « fleurs de personnalité », à l’aide de popplet mais aussi sur papier, ainsi qu’un autoportrait littéraire. Ils ont également visité une expo (Duane Hanson) et réalisé des popplet suite à celle-ci sur le thème « ce que j’aimerais changer dans la société… », participé à une émission TV (Quai des belges), fait une présentation publique de leur travail… A partir d’un thème, l’identité, de multiples ramifications sont possibles!

Une fleur d’identité, sur papier et à l’aide de poplet, et autoportrait littéraire :

Popplet réalisé suite à la visite de l’expo :

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Et si vous voulez en savoir plus sur ce projet, écoutez France et Françoise, formatrice et bibliothécaire, lors d’une présentation de celui-ci lors du colloque « des écrits aux écrans » organisé par la Maison du Livre :

Saint-Gilles vous invite à un voyage… de l’Alpha à la Biblio

Saint-Gilles vous invite à un voyage… de l’Alpha à la Biblio
le jeudi 25 avril de 9h30 à 16h30 – PAF libre

Si vous ratez cette occasion, 2 autres rencontres en bibliothèque sont prévues :

  • mardi 30/04 (10h à 12h30) rue des Tisserands, 26 à 1081 Koekelberg
  • lundi 20/05 (10h-12h) rue de la Limite, 2 à 1210 Saint-Josse en partenariat avec CTL La Barricade, et Ages et Transmissions

 

« Il était une fois, deux familles qui perpétuaient la tradition… »

Quelques mots, et déjà vous êtes parti.e.s : on parle de qui ? ça se passe où ? de quelle tradition parle-t-on ? Que va-t-il se passer ? Ne sent-on pas déjà les problèmes pointer leur nez ?

C’est ça, la magie de la lecture ; même si celle-ci implique aussi de découvrir que « f » et « a » font « fa », comme ici dans le mot « famille », ce qui me permettra tout autant de lire le mot « facture ».

 

Depuis plus de 40 ans, le Collectif Alpha organise des formations d’alphabétisation pour des adultes que la vie, ici ou ailleurs, a empêché d’aller ou de rester à l’école, d’y acquérir et de maitriser cette compétence si particulière, riche mais complexe.

Depuis longtemps aussi, il porte la conviction que les apprentissages plus techniques de lecture doivent dès le départ s’accompagner de lecture vraie, de celle qui irrigue l’apprentissage de sens, de plaisir, de désir.

Et depuis plus de 15 ans, des Bibliothèques communales, notamment celle de Saint-Gilles, se sont associées à ce projet, elles dont l’objectif n’est pas de ranger des livres, mais de faire vivre la lecture pour et par le plus grand nombre.

 

A l’occasion de la publication du cahier du Collectif Alpha « Pratiques d’alphabétisation en bibliothèque », qui relate trois expériences mises sur pied dans le cadre de ces collaborations, nous vous invitons à découvrir tout cela avec nous.

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Cela se passera
le jeudi 25 avril
à la Maison du Livre
rue de Rome 28
1060 Saint-Gilles

La matinée est ouverte à toutes et tous : professionnels, voisins curieux, lecteurs et lectrices de ce blog,… Des groupes d’apprenants et apprenantes du Collectif alpha vous feront découvrir leur travail autour du livre et de la lecture dans plusieurs ateliers participatifs. N’hésitez pas à tenter l’aventure et la rencontre ! Accueil dès 9h30, fin vers 12h30.

Cette matinée est également ouverte à des groupes d’apprenants ayant un niveau d’oral suffisant (oral 3). Les groupes doivent cependant s’inscrire au préalable par téléphone au 02/538.36.57 auprès de Claudine.

L’après-midi, à 13h30, nous proposons aux personnes intéressées d’écouter et de rencontrer des acteurs impliqués sur le terrain dans les projets décrits dans la publication : bibliothécaires, formateurs et formatrices ou encore lecteurs volontaires. Cette seconde partie s’adresse en priorité aux personnes qui pourraient être tentées de mettre sur pied leurs propres projets de collaboration Alpha/Biblio autour du livre : associations d’alphabétisation, bibliothécaires, instituteurs, animateurs de maisons de jeune ou d’école de devoirs,…

Bienvenue !

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